L’interview de Christine Auzannet, responsable de l’épicerie de Sylvie à Niort

Christine Auzannet, responsable à l'épicerie de Sylvie, épicerie de produits locaux à Niort

1 – Pouvez-vous nous en dire plus sur vous et sur votre parcours ?

« Je m’appelle Christine Auzannet, je suis originaire de la Vienne, j’ai 41 ans et je suis responsable de magasin à l’Épicerie de Sylvie.

Pour revenir sur mon parcours scolaire, j’ai obtenu un brevet professionnel agricole de garçon Vacher puis un CAP vente relation clientèle. J’ai suivi des formations de vente en charcuterie traditionnelle, vente de fromage à la coupe et frais emballé.

J’ai aussi un certificat de capacité en droit 1ère et 2ème année. »

« Du côté du parcours professionnel, j’ai commencé à travailler à 16 ans. Déjà petite, j’aidais mes parents dans leur commerce en servant l’essence, les bouteilles de gaz et en vérifiant la pression des pneus.

J’ai vraiment mis les pieds dans le monde professionnelle en intégrant la Maison familial rurale de Gençay (86) dans le secteur sanitaire et sociale et en y découvrant différents métiers.

Au cours des différentes expériences que j’ai connues, j’ai principalement travaillé en tant que vendeuse ou conseillère de vente. J’ai fait un apprentissage en vente relation clientèle, j’ai été secrétaire médicale, attachée commerciale et superviseur de fabrication.

Et je suis arrivée il y a 9 ans dans les Deux-Sèvres où j’ai rejoint une mutuelle en tant que chargée de relation clientèle. »

2 – Pourquoi avoir rejoint l’épicerie de Sylvie ?

« À la base, je travaillais chez un concurrent des Fromages de Sylvie et j’ai décidé, pour des raisons personnelles, de me mettre à mon compte.  Je connaissais Sylvie car nous avions l’habitude de nous voir sur les marchés de Niort.

Sylvie a été l’une des premières personnes à me tendre la main en achetant mes produits pour les vendre à la ferme. Et elle m’a proposé de rejoindre l’épicerie quelques heures par semaine. Après avoir pesé le pour et le contre, j’ai décidé d’accepter pour bénéficier d’un complément de salaire. Et au fil du temps, je suis passée d’un 18h à un 25h et d’un 25h à un 35h. Et aujourd’hui, je suis responsable de la boutique.

J’ai pris la décision d’arrêter mon activité car je n’arrive plus à fournir sur les deux tableaux.

En résumé, j’ai rejoint l’équipe de l’épicerie depuis la reprise en juin 2017, j’ai eu la chance d’être de l’aventure depuis le début en commençant par les travaux et l’implantation. »

3 – Quelles sont vos missions au quotidien ?

« Ma principale mission c’est de m’assurer que tout tourne bien. C’est-à-dire gérer les rotations de dates, les produits mis en valeur, trouver de nouveaux produits pour notre clientèle…

Depuis 2017, nous recherchons toujours de nouveaux produits à proposer à notre clientèle. Nous découvrons que certains produits fonctionnent et d’autres non. Pour cela, nous développons la gamme vrac, bio et le zéro déchet. D’autres missions consistent à communiquer avec certains fournisseurs, principalement pour la viande, la gamme bio et le vrac, gérer l’intendance l’enlèvement des cartons, cageots… et gérer la partie administrative courante. »

4 – Et qu’est-ce que vous préférez ?

« Ah ! Ce que je préfère, c’est parler aux clients ! On a la chance d’être dans une petite entreprise familiale. Nous n’avons pas de notion de rentabilité comme dans la grande distribution ni de quota en particulier. Nous travaillons beaucoup au conseil, au dialogue et surtout à l’écoute. J’aime donner des conseils sur les recettes de cuisine et sur les bons produits. C’est ça, selon moi, l’esprit du commerce de proximité. J’aime avoir et prendre le temps d’expliquer que nos produits ne sont certes pas aussi beaux et calibrés que dans les grandes surfaces, ou même un peu plus chers mais que notre force c’est qu’on achète aux vrais producteurs et surtout au juste prix.

J’aime aussi le fait que Sylvie me laisse prendre des initiatives. Par exemple, je me suis récemment rendu au salon du chocolat et j’ai dénicher de nouveaux produits qui pourraient plaire à nos clients. Nous avons un réel dialogue, nous sommes membres à part entière dans l’entreprise.

Et pour toutes ces raisons, je me sens chez moi dans cette entreprise. D’ailleurs, il m’est déjà arrivé de faire des lapsus en disant « je vais à la maison » alors que je retournais travailler.

Je me rappelle d’ailleurs une belle phrase qui dit « Aime le métier que tu feras et tu n’auras plus jamais l’impression de travailler ».

4 – Quelles sont les valeurs les plus importantes, selon vous, à l’épicerie ?

« Pour moi, c’est tout d’abord la consommation locale, le circuit court. On a la chance d’avoir une région très riche, que nous devons exploiter. Pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on a chez nous ?

Les valeurs de la terre, du terroir, on a des racines, il faut les exploiter. Mais aussi développer le 0 déchet et le vrac.

Il y a aussi le respect du client, savoir l’écouter et lui donner des conseils. En tant que commerçant artisan c’est notre rôle d’être en communication avec le client. »

5 – Et du côté fournisseur, quelle relation entretenez-vous ?

« Je suis régulièrement en contact avec les fournisseurs. Tous les jours nous avons des fournisseurs au téléphone pour les différents produits, notamment les fruits et légumes.

Et je les rencontre souvent aussi. Par exemple les producteurs de fruits et légumes et de viande, je les vois aux Halles sur le marché ou encore dans la Vienne, je vais chercher certains produits. Je vais aussi chercher les yaourts chez GAEC La Bazinière à Saint Maixent de Beugné dans le 79.

D’autres fournisseurs nous livrent directement en boutique comme notre producteur de vin, le meunier ou encore notre fournisseur d’escargots qui est un ami d’enfance. »

6 – Un dernier mot pour vos clients ?

« On a la chance d’avoir des magasins de proximité avec des produits certes « imparfaits » d’un point de vue esthétique mais qui respectent les producteurs. Il est important de savoir que nous achetons tous les produits au juste prix sans négocier. Sylvie est elle-même artisan productrice, elle connaît la valeur du travail à la ferme et des produits. Et ça, j’en suis vraiment fière. Je suis cliente à l’épicerie, je consomme les marchandises que l’on propose et je sais ce que l‘on vend. Le travail de la terre se respecte.

C’est très important de continuer à fréquenter les commerces de proximité, d’abord pour l’écoute, les conseils et parce qu’il n’y a pas de rendement de grandes chaines. On peut se permettre la proximité et de consacrer plus d’attention à nos clients. »

2018-12-12T17:58:28+00:00

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